© 2015, Josse Goffin, Regard à gauche

Éditorial

Jérémy Lambert
François-Xavier Lavenne
Laurence Pieropan

Texte

Si le dicton arme que «tout vient à point à qui sait attendre », l’équipe éditoriale de Francophonie vivante est heureuse d’enfin vous présenter cette nouvelle livraison de la revue.
Et pourtant, les événements n’ont pas ménagé l’Association depuis la rentrée de septembre 2017!
Après avoir essuyé quelques plâtres postaux lors de l’expédition du numéro 2018-1 «Passeusses de frontières », l’Association s’est retroussé les manches afin de préparer son déménagement de la Maison de la Francité vers la Bibliotheca Wittockiana – Musée de la reliure et des arts du livre –, qu’elle remercie chaleureusement pour son accueil.
Il va de soi que nous ne manquerons pas de vous faire ressentir plus en détail l’atmosphère très particulière qui anime ce lieu aux multiples facettes: ce sera chose faite dans notre livraison 2019-2, «Arts du livre, livres d’art ».


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Pourquoi un dossier sur les prix littéraires?


Il en existe aujourd’hui des centaines, certains reconnus, d’autres plus confidentiels, tous plus variés les uns que les autres. Mais que se cache-t-il derrière ces prix? Leur obtention facilite-t-elle la réussite d’un écrivain dans l’espace public? Comment s’attribuent-ils? Selon quels mécanismes? Qu’ont à dire ceux qui les reçoivent? Et ceux qui servent de médiateurs auprès des lecteurs, les libraires?…

Le dossier coordonné par François-Xavier Lavenne est exceptionnel à plus d’un titre.

D’abord, par la diversité des approches qu’il propose. On s’y intéresse aux prix les plus prestigieux (le Goncourt, le Nobel) par le prisme de certains de leurs plus célèbres (non-)récipiendaires: l’octroi tardif à Proust (M. Naturel), la controverse Céline (Fr. Gibault), le refus de Sartre (A. Chabot), la polémique autour de Dylan (A. Grafe).

Ensuite, parce qu’il jette la lumière sur quelques aspects singuliers: le prix belge du deuxième roman francophone (A. Job), l’histoire du Prix Rossel (J.-Cl. Vantroyen) ou le désintérêt manifeste des prix pour le genre de la nouvelle (N. Dewez).

Enfin, par la variété des témoignages convoqués, qu’il s’agisse de libraires ou d’éditeurs (Tropismes, La Licorne, Filigranes, Ptyx, Onlit, Versant Sud), d’écrivains (Mi-chel Host, Laurent Demoulin, Thomas Gunzig, Adeline Dieudonné, Werner Lambersy, Charline Lambert, Marcel Sel, Emmanuel Régniez, Francis Dannemark), ou encore de membres effectifs de jurys de prix littéraires (Pierre Assouline, Jacques De Decker).

On le constate: c’est un dossier dense (le volume de cette livraison en témoigne !), mais ô combien riche et qui n’attend plus que de vous révéler ses secrets jusqu’aux plus insoupçonnés.


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La littérature sort de la page


S’inscrivant dans la lignée du dossier, la rubrique «La littérature sort de la page» s’est intéressée à l’existence de prix littéraires pour la création numérique francophone: à l’ère d’une digitalisation qui influence jusqu’aux œuvres que l’on a longtemps cru les plus intouchables – les œuvres littéraires –, quelles stratégies adoptent les prix face à ce changement de paradigme? Si les réponses proviennent d’abord du monde anglophone, certaines d’entre elles pourraient cependant vous surprendre…


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Sillons francophones


Plus diversifiée, la rubrique «Sillons francophones» vous fera voyager des terres du Petit Larousse 2019 (L. Sommant) aux bruits de la rue québécoise qui nous fera découvrir le verbe se maganer (C. Forget), en passant par les secondes parties de l’article portant sur l’histoire de la Fondation Charles Plisnier (J. Denis) et de l’entretien de Nicolas Lévesque (C. Forget), par une réflexion sur les relations entre Armistice et 11 novembre (St. Brabant) et une analyse éclairante du roman de l’écrivain antillais Édouard Glissant, Le quatrième siècle (D. Keraani).


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Vie culturelle


De son côté, la «Vie culturelle» francophone vous fera revivre certaines des expositions de ces derniers mois, qu’elles soient bruxelloise (Magritte, Broodthaers et l’art contemporain), parisienne (Renoir, père et fils, peinture et cinéma) ou québecoise (Jean-Claude Riopelle). Pour terminer, notre responsable de rubrique, Pierre Schroven, vous fera part de ses dernières actions livresques (L’âme de la main, Les écrivains nuisent gravement à la littérature) alors qu’Isabelle Françaix vous rendra compte de l’événement Quelqu’un qui arrive, conférence et concert-récital en hommage à Paul Claudel, organisé par l’association Lettres en voix en septembre dernier.



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L’Association a la tristesse de vous faire part des décès de Messieurs Michel Arnold et Jean Pirlet.
Les membres adressent à leurs proches toutes leurs condoléances, ainsi que leurs sincères pensées.


Hommage à Michel Arnold
par Laurence Pieropan


D’emblée séduit par la nouvelle ligne éditoriale de la revue Francophonie vivante, qu’il redécouvrait en avril 2017, Michel Arnold fit rapidement partie des nouveaux contributeurs qui se promettaient d’apporter régulièrement leur touche à l’édifice, en l’occurrence les «Traditions et croyances populaires» de la rubrique «Sillons francophones ».

Pourquoi et comment l’avais-je rencontré?
D’abord, parce qu’il me semblait impératif de renouer avec une veine que l’association Plisnier avait par le passé mise à l’honneur, et de jeter un éclairage sur cette culture populaire qui irrigue encore notre territoire francophone. Ensuite, l’ami Joseph (Bodson) avait généreusement joué les entremetteurs, pas fâché d’entrevoir les quelques articles qui ne rehausseraient pas sa propre revue, Reflets Wallonie-Bruxelles.

Ce fut une longue conversation téléphonique avec Michel qui décida des thématiques qui viendraient nourrir notre revue, avant qu’une rencontre ne nous permît d’échafauder un programme pour les mois et années à venir. De l’énergie, des histoires à raconter, une véritable envie de transmettre aux plus jeunes générations, Michel semblait en déborder, au point que ce fut là l’essentiel de nos échanges, sans que nous ayons le temps de mieux connaître le parcours humain, professionnel et littéraire de cet homme.

Mais la découverte et l’appréciation d’un être par sa prose, même d’essai, n’est-ce pas là une clef de lecture tout aussi précieuse qu’une entrée en matière par sa biographie? Dans le numéro 2017-1, Michel Arnold a agréablement enrichi notre dossier «Faites vos jeux!» par sa contribution sur le jeu de Colin-Maillard ; et dans le numéro de 2018-1, il nous entraînait à la poursuite de Jean de Nivelles.
Son écriture, toujours bien informée par des recherches dans les sources historiques, ne se départait jamais d’un ton enjoué, entraînant, qui nous faisait voyager à travers des décennies et des siècles d’histoire.
Généreux dans sa contribution promise à la revue, Michel nous avait offert plusieurs textes en lecture. Grâce à eux, nous cheminerons encore un peu avec lui. Merci, Michel.



Hommage à Jean Pirlet
par Marie-Ange Bernard


Fidélité: c’est le premier mot qui vient à l’esprit et au cœur, cher Jean, pour évoquer ta présence au sein de l’Association Charles Plisnier depuis des années. Tu étais là quand je suis devenue présidente en 2000 et tu es resté présent jusqu’à ce jour d’octobre où la mort t’a pris avec une brutalité extrême. Au chagrin qui nous a saisis alors, nous pouvons à peine mesurer quel fut et est toujours celui de ton épouse, Marie-Ange, et celui de ta famille dont tu m’as souvent parlé.

Tu as assumé la charge de trésorier avec une conscience mêlée d’ardeur, voire d’inquiétude devant les idées qui fusaient dans tous les sens. Car quand tu nous mettais en garde et nous soutenais, c’était pour préserver le vrai trésor: l’âme et la vie même de l’association. Tu vibrais à chaque projet.

Quelques images: je te revois à Liège, sur fond de marché de Noël, quand nous avons rencontré l’inspecteur de l’Éducation permanente. À La Louvière, au musée Ianchelevichi pour la remise du Prix Art et Histoire. Ta chère épouse avait alors décoré la salle de ravissants bouquets. Ou encore au château d’Acoz pour la présentation du livre qu’Émile Lempereur avait consacré à Octave Pirmez. Il y eut la maison communale de Thuin, l’exposition Nicole Hellyn aux Riches Claires et à la Bellone, le musée du masque à Binche, le musée de Mariemont entre bien d’autres lieux. La liste de nos aventures est longue.
Cher Jean, tu as combattu le bon combat et achevé la course. Merci d’en avoir donné une part si intense à l’Association Charles Plisnier.



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Mises à l’honneur


Le co-président de l’Association, François-Xavier Lavenne, a reçu en mai dernier le prix du Concours annuel de l’Académie Royale de Belgique, dans la classe des Lettres, Sciences morales et politiques, pour son essai intitulé Céline et le grand temps des mythes.
Ce travail est issu de sa thèse de doctorat, sous la direction des professeurs G. Jacques et M. Watthee-Delmotte (UCLouvain).

Laurence van Ypersele, membre du Comité de lecture de notre revue, a été élue membre de l’Académie Royale de Belgique, dans la classe des Lettres, Sciences morales et politiques. La cérémonie de réception s’est tenue en juin 2018 au Palais des Académies.

Enfin, nous sommes heureux de vous annoncer que Philippe Leuckx, contributeur fidèle à notre revue, a obtenu le Prix de littérature Charles Plisnier, pour son recueil de poèmes L’imparfait nous mène (Bleu d’encre, 2017).


Nous leur adressons nos chaleureuses félicitations.


© J. Lambert, Fr.-X. Lavenne, L. Pieropan, revue Francophonie vivante n°2-2018, Bruxelles

Metadata

Auteurs
Jérémy Lambert
François-Xavier Lavenne
Laurence Pieropan
Sujet
Présentation, introduction détaillée du n° 2 - 2018 de la revue Francophonie vivante
Genre
Editorial.
Langue
Français
Relation
revue Francophonie vivante, n°2-2018
Droits
© J. Lambert, Fr.-X. Lavenne, L. Pieropan, revue Francophonie vivante, n°2-2018