èl mouchon d'aunia

Créé en 1912, Le Mouchon d'Aunia est publié depuis 1946 par le cercle littéraire Lès Scriveûs du Cente. Réunion plénière le 1er samedi du mois à 9h30 au local du café Le Coq Wallon, place Mansart, 7100 La Louvière.
Le mouchon d'aunia est un tarin des aulnes. Dans l'acte de naissance de la revue, il est précisé que c'est un petit oiseau venu de France et qui symbolise notre sympathie envers la grande sœur. Depuis Waterloo, la francophilie est restée intense chez nous, mais nous noterons la nuance : la France est considérée comme une grande sœur, pas comme une mère. Dans l'esprit des fondateurs, l'identité wallonne ne saurait, en aucun cas, être inféodée à un sentiment rattachiste.
Un mouchon représente la liberté, l'envol de l'imagination vers les contrées les plus diverses de l'inspiration et nous oserons aujourd'hui le chauvinisme d'affirmer que, un peu mieux pistonné, notre Mouchon aurait pu, à la place du coq, devenir l'emblème de la Wallonie
Au départ et durant plusieurs décennies, les auteurs du Mouchon d'Aunia s'inspirent de la nature, de la vie du terroir qu'ils traitent, tantôt avec humour et fantaisie quand il s'agit des avatars du quotidien, tantôt avec gravité lorsqu'il est question du labeur des ouvriers mais surtout des mineurs, des malheurs familiaux qui en découlent, quitte, trop souvent à nos yeux, à verser dans le mélo, mais c'est un genre très prisé jusqu'avant la guerre 1940-45. Les distractions étant rares, les auteurs se montrent éclectiques. Ils sont nombreux à écrire à la fois poésie, prose, chansons, blagues, mais aussi à se produire comme comédiens, metteurs en scène ou chansonniers. Si l'esprit est espiègle et frondeur, la politique est cependant rigoureusement exclue de la production littéraire et un avertissement le précise dans la revue : Nos n' fèsons pont d' politique. De même, les sujets grivois ne seront qu'esquissés car, rappelons-le, l'objectif est de se montrer crédible. L'audace est interdite, il faut respecter les bonnes manières. Cette attitude complexée, à de rares exceptions près, a disparu de nos jours et les auteurs actuels, adaptant à leur époque les idéaux de Flori, n'hésitent plus à affronter l'actualité dans le blanc des yeux, bannissant toujours la vulgarité tout en osant la hardiesse que réprouvaient leurs aînés.

Les Scriveûs du Cente
Après la deuxième guerre mondiale, Fernand Liénaux et Edgard Clerbois fondent le cercle littéraire Lès Scriveûs du Cente. La plupart des auteurs adhérant aux deux ensembles, il est sagement décidé d'unir les destinées du Mouchon et des Scriveûs.
Nous ne pouvons, bien entendu, citer tous les auteurs ayant collaboré à notre publication. En dehors des fondateurs déjà évoqués, avant 1914-1918, citons : Félixa Wart-Blondiau, Alfred Populaire, Oscar Roland, Octave Fromont, Adolphe Sturbois, Camille Garcy, Arthur Trigaux (auteur de la célèbre chanson Du tans dè m' grand-mé), Joseph Brismet (le populaire D'Jobri), Camille Dulait, Lucien Duvivier, Fernand Clarat...
Durant l'Entre-deux-guerres apparaissent : Joseph Faucon, Fernand Liénaux, Marcel Hecq, Raoul Nopère, Marius Roch, Arille Wasterlain, Omar Dupuis, Louis Noël, Charles Geerts, Ernest Haucotte, René Painblanc, Frédéric De Boeck, Maurice Denuit...
Après la Libération et jusqu'à nos jours, les auteurs deviennent si nombreux que nous nous contenterons de citer quelques noms de ceux qui furent les piliers du Mouchon d'Aunia, en quelque sorte, les maîtres des littérateurs actuels : Marcel Meulemans, Félix Duval, Robert Dascotte, Eugène Develeer, Hector Roland, Alfred Brouwet dit Pârain Frèd, Richard Hennaut, Robert Heiremans, etc... (Ce choix ne prétend pas à l'objectivité. Il est donc livré à vos critiques.)
Pour les auteurs contemporains, nous vous invitons à consulter les éditions du Mouchon d'Aunia ou, mieux, si ce n'est déjà fait... à vous abonner à notre revue.

Aujourd'hui
Le Mouchon d'Aunia ouvre ses ailes à tous les oisillons qui veulent y trouver refuge et nous ne craignons pas d'affirmer que, depuis une vingtaine d'années, nombre de talents méconnus se sont épanouis auxquels certains de nos ancêtres auraient barré la porte de notre publication, se retranchant derrière la formule polie : Astèz bîn djinti èyèt bîn brâve, èm fi, mès vos n' sârèz jamés scrîre in walon...

Un bout d'histoire littéraire.
Retour à la fin du 19e siècle, les auteurs se multiplient. Deux publications voient le jour: Wallonia et Le Muscadin, dont l'existence est éphémère. Le grand départ se situe en 1912 avec la création du Mouchon d'Aunia. Ses pères fondateurs, Floribert Deprêtre et Léopold Dupuis dit Vî Stou, entendent ainsi répondre à leurs détracteurs. En effet, une soi-disant élite francophone prétend que le langage régional ne peut aspirer à un avenir littéraire et n'est comestible que dans le quotidien des classes défavorisées, pour raconter des blagues ou interpréter des refrains grivois. Au contraire, Deprêtre et Dupuis ont compris que, étant un langage à part entière, dérivé du latin comme le français, le wallo-picard permet d'aborder tous les genres littéraires au même titre que n'importe quelle langue officielle. En créant Le Mouchon d'Aunia, ils lancent le pari de démontrer cette théorie, révolutionnaire pour l'époque. Autour d'eux, citons les premiers Scriveûs connus : Charles Malissart, Hubert Outlet, Albert Jarry, Philippe Muller.



 

èl mouchon d'aunia

rue Machine à feu 37
7100 La Louvière